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Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?Rebecca Dautremer - Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?

R. DAUTREMER Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?

Cet article s’adresse en priorité à ceux qui n’ont pas réouvert un album de jeunesse depuis leur « tendre enfance » (expression toute faite un peu voire particulièrement niaise mais très pratique pour embellir une période dans laquelle, à en croire la psychanalyse, naissent toutes nos névroses). Bref, quant à ceux qui n’ont pas renoncé à ce plaisir de lecture, il est très peu probable que les noms et références que je vais citer ne leur évoquent pas déjà un univers familier.

Chacun de nous a ses critères pour choisir un livre. En ce qui concerne les albums de jeunesse, il en est un de déterminant pour tout œil fureteur : l’aspect esthétique. Il faut que cette séduction s’opère pour que le regard s’arrête et que notre main saisisse un ouvrage, commence alors l’acte de lecture qui nous conduira, du moins l’espère-t-on, à un autre plaisir, celui des mots.

Seuls les albums de jeunesse et de bande-dessinée (si on s’en tient évidemment au support papier) exploitent un langage qui nous sollicitent doublement (aussi bien visuellement qu’intellectuellement) et qui correspond par ailleurs au fruit d’une création partagée. La plupart des ouvrages sont effectivement réalisés à deux mains. A chacun sa partie : l’un écrit, l’autre dessine, ainsi sont distribués les statuts d’auteur et d’illustrateur. C’est ainsi qu’a lieu, selon la formule consacrée et avec plus ou moins de bonheur, la « rencontre de deux univers ».

Cette rencontre, loin d’être évidente - pour tout un tas de raisons (que je choisis délibérément de ne pas développer ici puisqu’il ne s’agit pas directement du sujet de mon article ou pour ne pas avoir à faire l’effort d’une réflexion dont les profondeurs pourraient se révéler insondables), en tout cas, il ne suffit pas de considérer cette rencontre comme « réussie », encore faut-il qu’elle soit partagée. Ainsi vient le tour du lecteur de rencontrer l’œuvre.

La lecture a de tels pouvoirs qu’elle va rendre possible la réunion et la communion des imaginaires de chacun, aussi singuliers et aussi farfelus qu’ils soient. Et c’est justement parce qu’il nous est permis de nous abandonner, parce que nous quittons temporairement notre réalité pour investir d’autres lieux où tout est fatalement autre que nous éprouvons ce plaisir très satisfaisant de retrouver tout ce à quoi notre quotidien nous fait renoncer. Mais, trêve de blabla, venons-en au fait.

Précisons que ce qui va suivre est strictement subjectif.

Quand j’ai découvert l’univers de Rebecca Dautremer, ma plus grande surprise est venue du fait que j’avais l’impression que quelqu’un avait mis en images et en couleurs tout mon petit monde intérieur. Mon émerveillement a été d’autant plus grand que j’aurais été bien incapable de dire comment j’aurais souhaité représenter ce monde mais, là, face à ces créations, c’était tout simplement évident. Il y avait correspondance entre nos deux mondes. C’est forcément jubilatoire parce que inespéré mais c’est aussi très troublant que quelqu’un puisse imaginer mieux que vous ce qui vous habite.

La singularité du travail de Rebecca Dautremer intervient à plusieurs niveaux :

  • par sa palette de couleurs tant par le choix des teintes que par leur association ;
  • par ses cadrages qui n’offrent parfois qu’une vue partielle de la scène représentée ;
  • par ses angles de vue car plongée et contre-plongée introduisent enfin des variantes au si usité plan frontal -certes légitime pour les narrations simplifiées que sont les histoires pour enfants mais choisir un angle de vue qui appuie un point de vue sert le récit d’une manière originale et efficace ;
  • et enfin et surtout par, appelez ça comme vous voudrez, son style/son trait/sa technique.

Vous l’aurez compris, je suis plus que conquise, je suis fascinée par sa créativité. Alors, comment dire, je ne vous assure pas que vous partagerez mon engouement mais soyez curieux – même si tout ce qui concerne la jeunesse ne vous concerne pas a priori. Vous ferez une rencontre – que vous seul saurez qualifier – mais elle aura lieu parce qu’une telle personnalité ne laisse pas indifférent.

Le premier ouvrage de Rebecca Dautremer que j’ai tenu entre mes mains et dévoré des yeux s’intitule Princesses oubliées ou inconnues… (Ed. Gautier-Languereau). C’est un album qui a été très remarqué lors de sa parution et ce, pour de/deux bonnes raisons. Disons que notre petite tête s’émoustille et que nos prunelles n’en finissent pas de se dilater face à un tel spectacle . C’est tout simplement réjouissant de se laisser surprendre ainsi à chaque page.

C’est vrai que pour le coup, on pénètre un univers très « fille » mais qui n’est en rien « gnangnan » tant le jeu y prend place. L’aspect ludique s’immisce en effet aussi bien dans les illustrations que dans les textes qui sont de véritables pépites de poésie. On découvre alors un humour fin et délicat qui nous séduit par ses trouvailles insolites.

Il faut croire que Philippe Lechermeier -ainsi se nomme notre auteur- a plus que digéré les histoires traditionnelles de princesses et autres contes, il les revisite à sa sauce avec une pointe d’ironie et une bonne dose de « mais où va-t-il chercher tout     ça ? ». Résultat : c’est i-rré-sis-ti-ble ! Ce qui revient à dire qu’on s’amuse énormément tant il prend de liberté et détourne cet héritage littéraire commun à toute génération.

Évidemment, je vous invite à découvrir d’autres ouvrages de ces deux artistes. Rebecca Dautremer (qui est aussi auteur - L’Amoureux ou Le Loup de la 135° avec Arthur Leboeuf) ne participe pas qu’à des bouquins pour filles (Le Géant aux oiseaux avec Ghislaine Biondi, Nasredinne avec Odile Weulersse) et Philippe Lechermeier a mis son talent au service d’autres illustrateurs (le non moins magique Graines de cabanes avec le non moins talentueux Eric Puybaret).

Ça tombe bien, tous deux ont un site perso alors accordez-vous un peu de répit :

www.rebeccadautremer.com

www.philippelechermeier.fr

A très bientôt pour de nouveaux articles consacrés aux albums de jeunesse car j’ai très envie de vous parler d’un livre qui m’a laissé sans voix. Dès que je la retrouve, je vous tiens au courant…

Lundi 3 novembre 2008
commentaires

3 commentaires pour “Albums jeunesse : pourquoi renoncer ?”

  • Lapse le 3 novembre 2008 à 12:13

    Magnifique boulot !!! Chez nous, on adore le style de Rebecca Dautremer qu’on a découvert avec “L’Amoureux”. D’ailleurs c’est pas aux enfants que j’achète ses bouquins mais pour ma p’tite femme ! Et elle m’achète ceux de François Roca, un génialissime illustrateur pour enfant…(Oui d’accord ça peut paraître bizarre de s’offrir des livres pour enfants entre adultes mais ce sont aussi de très beaux objets ! Et ça fait toujours plaisir d’avoir un beau livre ! Et toc !!! Et puis, rassurez-vous on en achète aussi pour nos loulous…)

  • chris28 le 17 décembre 2008 à 16:02

    c’est avec un plaisir certain que je découvre cet article consacré à Rebecca Dautremer. Le même que celui que j’éprouve à la découverte d’un nouvel album de cette artiste. Que de détails, de foisonnement de couleurs, de matières et de styles peuvent recéler ses illustrations. Incapable d’exprimer mes émotions par le dessin, je découvre à chaque nouvel album, des sensations et des plaisirs qui me semblaient enfouis au plus profond de moi. J’offre à ma femme et je me fais offrir ces joyaux destinés à la jeunesse, mais dont les messages et le graphisme sont bien souvent adressés aux grands enfants que nous sommes ! Pour ma part, c’est l’album “une lettre pour Lily la Licorne” en 2002 qui me l’a fait découvrir et depuis, pas un ne manque à notre collection… que j’espère encore longue et riche de nouveautés.

  • Alexandra le 23 mars 2009 à 19:54

    C’est un peu la bjork de l’illustration jeunesse ^^…

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Artiste

nom Rebecca Dautremer
pays France

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